Cambodge : les somptueux temples d’Angkor

Angkor est le premier site incontournable à visiter lors d’un voyage au Cambodge. Les temples hindous et bouddhistes, se sont quelque 700 monuments éparpillés dans une zone immense du nord du Cambodge et classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992. A la fois très touristiques et somptueux, les temples d’Angkor ne laissent personne indifférent. Partons à la découverte de l’un des sites phares du patrimoine de l’humanité !

Âme du royaume khmer, les temples d’Angkor, dont la plupart symbolisent le mont Méru, montagne mythique considérée comme l’axe du monde et la demeure des dieux dans la tradition hindoue, sont une source d’inspiration et de fierté nationale pour les Cambodgiens. Tous y viennent en pèlerinage, et les visiteurs étrangers affluent pour admirer leur somptueuse beauté. Angkor a vu sa fréquentation exploser en une quinzaine d’années : d’une soixantaine de milliers de visiteurs en 1999, ce sont désormais presque 4 millions de visiteurs qui foulent les ruines chaque année !

La ville de Siem Reap.

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Porte des temples d’Angkor, la huitième merveille du monde, Siem Reap a toujours été promise à un bel avenir, mais rares étaient ceux qui prévoyaient un développement si fulgurant. Devenue l’épicentre du nouveau Cambodge, la ville compte désormais plus d’hôtels que de temples, des bars et des restaurants de standing international et des spas somptueux.

Si le centre-ville a conservé son charme avec ses anciennes maisons de négoce françaises, ses boulevards arborés et une rivière paresseuse traversant la ville, la localité s’agrandit de jour en jour à mesure que surgissent villas, immeubles d’habitation, hôtels et commerces dans la campagne alentour. Les touristes affluent, et les habitants bénéficient de cette nouvelle prospérité. Après tant de souffrances, les Khmers connaissent enfin des jours meilleurs, et les visiteurs profitent du dynamisme de la ville.

Organiser sa visite des temples d’Angkor.

Tarifs : Pour visiter les temples, il faut se rendre à la grande billetterie officielle à l’extérieur de Siem Reap. En arrivant là, je suis sidérée par la foule de touristes présents comme moi pour acheter leur Pass. Le prix du pass est de:

  • 20 $ pour un Pass de 1 journée,
  • 40 $ pour 3 jours (valable sur une semaine)
  • 60 $ pour 7 jours (valable sur un mois).

Une photo d’identité est nécessaire, cependant, il est possible de se faire tirer le portrait gratuitement aux caisses mêmes, avec une efficacité remarquable. Je privilégie le Pass 3 jours qui me semble être un bon compromis, et laisse largement le temps de découvrir les richesses de la région et les temples principaux.

Horaires : 5h-18h (observer le lever de soleil sur Angkor Wat est un incontournable!)

Le moyen de transport? Le site est tout simplement gigantesque (400 km²). Situés à 8km au nord de Siem Reap et du fait de leur éparpillement, il est impensable de visiter la zone à pieds. La solution bon marché est de louer un vélo, c’est aussi l’option qui permet de prendre son temps et de découvrir à son rythme la campagne environnante. Les moins téméraires opterons pour un tuktuk à la journée, pour environ 15$, les chauffeurs pouvant aussi donner multitudes de renseignements sur ces temples qu’ils connaissent comme leur poche.

Eviter la foule, c’est possible? Où que je sois et quoi que je visite, je respecte toujours trois règles ultra simples.

  • Pour profiter d’un peu de tranquillité, il faut se lever TÔT pour arriver avant la foule.
  • Quand je le peux, j’essaie de toujours effectuer les circuits en sens inverse du sens conseillé.
  • Je privilégie les visites des sites majeurs aux heures les plus chaudes (que tout le monde fuit) ou pendant les repas, entre midi et 14h, moments où en général les touristes (et surtout les tours organisés) s’arrêtent pour déjeuner.

L’itinéraire. Les archéologues français ont divisé le complexe d’Angkor en deux circuits :

  • Le petit circuit (bleu, 17 km) est étonnamment plus long que le grand, car il passe par les temples principaux, plus longs à visiter. Habituellement, l’ordre de la visite est le suivant : Angkor Vat, Angkor Thom (dont le Bayon), Ta Kev (ou Ta Keo), Ta Prohm, Banteay Kdei, Srah Srang (ou Srah Srong) et Prasat Kravan.
  • Le grand circuit (rouge, 26 km), quant à lui, comprend la visite des Preah Khan, Neak Pean, Ta Som et Pre Rup.

Un dernier conseil? On s’équipe bien : de l’eau, un chapeau et …. on n’oublie pas l’appareil photo 😉

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Plan des temples

Pour ma première journée de visite, je privilégie la bicyclette et l’intensif grand tour pour me mettre dans le bain. Départ à 7h de l’hôtel pour une longue journée d’efforts et d’enchantement! Je me fraye un chemin parmi la folle circulation de Siem Reap pour atteindre les temples, à 8km de là. Je suis une des seule touristes à vélo. Les locaux sont plutôt amusés de me voir pédaler ainsi, ils me renvoient tous mes sourires et m’interpellent par de joyeux « Hello !!  » ou « Good Morning !!  » Cette réciprocité fait vraiment chaud au cœur. Il est difficile d’exprimer ce sentiment d’unité avec le Monde et cette culture! La journée est nuageuse et quelques gouttes viennent compliquer mon avancée, mais je profite ainsi de longs moments où les touristes sont peu nombreux. Égoïstement, je suis contente de profiter des temples presque juste pour moi 😉

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Sous mes yeux défilent des maisons en bois sur pilotis, des bananiers et cocotiers, des buffles, des vanniers surchargés, des marchands de fruits et légumes, et encore et toujours des épiceries (deux tréteaux et le tour est joué).

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Ce jour là, je me balade et parcours environ 38 km. Le lendemain la fatigue est bien là. Je privilégie le tuktuk pour le petit tour. La rencontre avec mon chauffeur est enrichissante. J’y reviendrai plus loin dans cet article.

Sans plus tarder, visitons les principaux temples.

Parmi les milliers de temples, trois sont emblématiques :  Angkor Vat, le plus grand édifice religieux de la planète ; le Bayon, l’un des plus énigmatiques, avec ses immenses visages de pierre ; et le Ta Prohm, pris dans un enchevêtrement de racines.

ANGKOR VAT

C’est une icône : le modèle même du temple-montagne, l’image qui incarne la mystique khmère et imprime sa marque jusque sur le drapeau cambodgien. Ce temple est une représentation du monde selon les croyances religieuses de l’époque : il est entouré d’une douve d’environ 200m de large symbole de la mer primitive qui encercle la Terre peuplée des hommes. L’édifice central représente le Mont Méru, la montagne mythique du centre de l’univers. Sa structure architecturale est typique des temples khmers et répond à une rigoureuse conception géométrique avec cette forme pyramidale à trois gradins ceinturés de galeries couronnées par cinq tours dont la tour centrale (plus haute) était dédiée à Vishnou : les temples montagnes. En plus d’être le plus vaste monument d’Angkor, il est également réputé pour la finesse d’exécution des milliers de bas-reliefs qui ornent ses murs. De nombreux passages de la mythologie hindoue y sont immortalisés.

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LE BAYON

Il est situé dans l’enceinte d’Angkor Thom, la plus grande ville au monde à l’époque moyenâgeuse. Il comporte également de nombreux bas-reliefs décrivant les guerres victorieuses des khmers sur plus d’1 km avec 11000 personnages ! Mais ce sont ses tours qui en font le charme : à sa construction au XIIe siècle, il comptait 54 tours surplombées par 4 visages sereins d’Avalokiteshvara  le seigneur qui observe. 216 visages (chiffre sacré) géants orientés en direction des points cardinaux illustrant les vertus de Bouddha : sympathie au Sud, pitié à l’Est, humeur égale au Nord et égalité à l’Ouest. Il ne reste aujourd’hui que 37 tours, mais la centaine de visages aux yeux clos donne une ambiance incroyable quand on s’y promène.

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TA PROHM ♥♥♥

Ce temple est l’un des plus charmant du site d’Angkor. Les racines tentaculaires des gigantesques fromagers (arbres) soutiennent les murs en ruines, les arbres et la pierre ne font maintenant plus qu’un. Bâti en 1186 en l’honneur de la mère du célèbre roi Jayavarman VII, vous avez certainement déjà vu ce temple dans le film Tomb Raider ! Laissé abandonné à la nature, dans le dédale des allées, on a la sensation d’être un explorateur. La visite laisse sans voix, on se laisse prendre entre l’irrationnel et l’étrange.

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PREAH KHAN

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TA SOM
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BANDEAY KDEI

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Ambiance et menaces à venir.

À partir du moment où un site est fréquenté par des portefeuilles ambulants, lâchant les dollars comme s’ils les pondaient, il est bien compréhensible de voir les locaux tenter d’en avoir « leur part ». Ainsi, les stands pour touristes sont légion, avec systématiquement les mêmes babioles, souvenirs, les mêmes t-shirts et pantalons à des prix exorbitants, et les bouteilles d’eau à 4 fois le prix. Au milieu des ruines, se sont les enfants qui me courent après pour me vendre cartes postales, magnets, bracelets ou portes-clés. Il est bien difficile de s’en éloigner, il sont plutôt tenaces!  Une jeune fille d’à peine 15 ans m’a lancé une fois « si tu me donnes un dollar, je vais à l’école », ce qui m’a fait doucement sourire… Les chauffeurs de tuktuk se pressent désespérément à la sortie des temples pour chercher les touristes et effectuer leur course. Il y a une vraie authenticité dans leur regard. J’ai l’impression d’être sur une autre planète, un autre monde.

Les temples d’Angkor, comme ceux plus éloignés, sont en souvent en piteux état : moins victimes du temps que de l’homme. La guerre, les Khmers Rouges et leur volonté d’enlever toute trace d’histoire, les pilleurs … ont enlevé les belles pièces, détruit les visages des statues, comme on enlève les garnitures à un bon gâteau. D’autre part, les foules, toujours plus nombreuses, venant visiter les ruines sont également à la base d’un danger pour ces temples. On connait tous le danger de la fréquentation touristique au Machu Picchu, mais on parle beaucoup moins de son pendant cambodgien. Les pas de ces hordes de touristes exposent les pierres à une érosion accélérée, encore plus destructrice que les siècles d’abandon.

Si c’est sans doute le plus visible, ce n’est pas le seul désastre causé par le tourisme de masse. Siem Réap, ville située aux abords d’Angkor, s’est peu à peu transformée pour correspondre aux attentes des touristes en tous genres : hôtels de luxe, piscines, eau courante et chaude, air conditionné, électricité … Tout le confort dont ne bénéficient pas les locaux ! La consommation en eau des touristes est donc bien plus élevée que celle des Cambodgiens. Et pour aggraver le tout, la saison haute touristique se produit à la saison sèche … Ainsi, pour répondre aux besoins des touristes, l’eau est pompée dans les eaux souterraines, vidant les aquifères et fragilisant le terrain sablonneux sur lequel est bâti la citée d’Angkor. L’essor de la ville a aussi provoqué une forte augmentation de la pollution, contribuant à l’érosion et la décoloration des pierres.

Et tout cela sans parler des visiteurs peu respectueux, pour ne pas dire criminels, qui taguent certaines pierres, histoire d’immortaliser leurs noms.

Impressions.

J’ai été ravie de cette visite, de respirer le grand air, de pouvoir aller, venir et même me perdre dans ces ruines qui me regardaient de haut, témoins d’une période lointaine. Les cambodgiens sont des personnes chaleureuses, vraies, ouvertes, fières de leurs origines et qui aiment partager leurs histoires, leur quotidien. Au Cambodge, on est accueilli à bras ouverts, pas comme un étranger mais comme un ami à découvrir. Déjà à mon arrivée dans le pays, j’ai été frappée par la chaleur de l’accueil qui m’a été réservé!

Lors de ma deuxième journée à Angkor, je profite pour échanger avec mon chauffeur entre deux visites. Il a 28 ans, à peine plus jeune que moi. Il me raconte sa vie, simple, est heureux de me montrer des photos de sa maison dans la compagne environnante, de sa famille. Il m’explique son parcours, et les revenus qui le font vivre. Même si le niveau de vie au Cambodge est bien moins élevé que dans nos pays occidentaux, je me demande comment on peut vivre avec 100$ par mois (soit environ 90€). Nous discutons jusqu’au retour à l’hôtel où nous poursuivons notre discussion devant une bière 🙂 il m’enseigne les échecs, avec les règles cambodgiennes un peu différentes. Lorsqu’un gros orage tropical éclate, j’observe sidérée les jeunes enfants du quartier se déshabiller instinctivement pour aller jouer en sous-vêtements sous la pluie qui tombe à grosses gouttes et courir après les pauvres grenouilles paniquées. Ils sont bientôt rejoints par le gérant de mon hôtel qui malgré ses beaux habits, pantalon et chemise, passe avec un grand sourire devant nous sous la gouttière qui crache des trombes d’eau, juste pour le plaisir d’être mouillé. Les petits garçons s’approchent de moi et jouent quelques coups à ma place. Ils me disent qu’ils aiment les échecs parce que « ça fait travailler leur tête ». Ils doivent avoir 6 ou 7 ans… C’est vraiment une société aux antipodes de la notre!

Plus de photos des temples,

–> c’est ici !


La visite du site d’Angkor est absolument remarquable. Je suis surprise, impressionnée et complètement conquise. Difficile de mettre des mots sur ce que j’ai pu voir. C’est à la fois impressionnant d’un point de vue architectural mais aussi prenant de part les atmosphères qui se dégagent des temples grignotés par la nature. C’est certainement une de mes plus belles découvertes en Asie, et je pèse mes mots.

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