#3 Roadtrip de Darwin à Uluru

Dernière aventure sur l’île continent, il me reste à découvrir et à affronter l’aride et sauvage Territoire du Nord, aussi nommé Outback. Sous ce mot typiquement australien se cachent des images de terre rouge scintillant dans la chaleur de midi, de villes désertes et poussiéreuses pétries par le soleil, de bandes de grands kangourous roux bondissant à travers la plaine et d’un célèbre monolithe rougeoyant au soleil couchant. À mille lieues des métropoles cosmopolites et des forêts humides des côtes, l’Australie profonde se dresse loin de tout et sans frontières.

Qu’est-ce que l’outback ? Géographiquement, son tracé n’a jamais été officiellement délimité. Pour désigner la nature sauvage à l’extérieur des villes, les australiens ont un mot : le « bush », qui qualifie aussi bien les forêts que la bruyère ou les montagnes, tant qu’elles demeurent indomptées par l’homme. Quand la nature reste toujours aussi sauvage mais que les arbres viennent à manquer, le bush se transforme en outback : une contrée aride et inhospitalière où la terre se colore de rouge et la pluie ne tombe presque jamais. Et si la superficie de l’outback ne saurait être chiffrée, manque de frontières oblige, une chose est certaine : elle recouvre en réalité la vaste majorité de l’Australie.

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Car ce qui caractérise l’outback, c’est aussi cela : l’isolation. Si l’Australie fait près de 17 fois la taille de la France, il faut néanmoins savoir que plus de 80% de sa population réside à moins de 50 km des côtes… Cela sur un continent faisant jusqu’à 4000 km de long par 3000 km de large ! Tandis que sur la côte les métropoles comme Sydney ou Melbourne chiffrent leur population en millions d’habitants, dans l’outback une ville est considérée de bonne taille dès lors qu’elle franchit la barre des 2000 résidents.

Je pars pour 11 jours de roadtrip, 3500 km qui me feront découvrir ce qui est pour moi LA VRAIE AUSTRALIE : le désert, ses lieux extraordinaires et mystérieux et des roadhouses hors normes (ces stops incontournables pour les voyageurs qui font tout à la fois, café, hôtel et station service).

Le départ est donné à Darwin. Le premier arrêt est programmé au parc national Kakadu, l’emblème du Territoire du Nord et de la riche culture aborigène.

⇒ KAKADU NATIONAL PARK

Il y a 40 000 ans, les premiers australiens en provenance d’Asie, communément appelés Aborigènes, posaient le pied en Terre d’Arnhem puis dans le Kakadu. Avec eux, se développa rapidement une culture, un art et une religion liés au rêve. Sur les sites de Nourlangie et d’Ubirr, des peintures ornent depuis plus de 20 000 ans les parois rocailleuses. Dans un dédale de couleurs chaudes, les dessins racontent des histoires. Celle d’une jeune fille qui brisa les traditions en mangeant un barramundi au mauvais moment. S’en suivit une violente guerre entre différents clans. Un autre conte évoque les sœurs Namarrgarn qui se transformèrent en crocodiles d’eau salée pour tuer quiconque s’aventurait dans la rivière, peu importe la tribu ou l’origine. Les dessins évoquent une période où cohabitaient kangourous et crocodiles géants, varans, tortues et serpent arc-en-ciel (créature mythologique prédominante, il contrôle l’eau, source la plus précieuse, ainsi que la vie et la mort par son lien à la fertilité.) … Gravé dans la roche, l’art aborigène renvoie à l’homme, la nature et le temps du rêve.

Le temps du rêve

Le temps du rêve – Tjukurrpa en langue anangu-, aussi appelé « le rêve », est le thème central de la culture des aborigènes d’Australie. Le temps du rêve explique les origines de leur monde, de l’Australie et de ses habitants.

Le temps du rêve désigne l’ère qui précède la création de la Terre, une période où tout n’était que spirituel et immatériel. Selon les aborigènes, le temps du rêve existe toujours et peut être atteint pour des besoins spirituels. Au travers du temps du rêve, il serait possible de communiquer avec les esprits et de déchiffrer le sens des mauvais présages, maladies et autres infortunes. Dans la conception aborigène du monde, chaque événement laisse une trace sur terre et tout dans la nature découle des actions d’Êtres métaphysiques qui créèrent le monde. La signification de certains lieux et de certaines formations naturelles est liée à leur origine dans le temps du rêve. Certains lieux ont donc un « pouvoir de rêve » dans lequel réside le sacré.

Selon leur croyance, la vie consciente serait la création par le rêve d’entités désignées sous le nom de « fourmis vertes » ou « hommes éclairs » jaillis tels la foudre du titanesque « serpent arc-en-ciel » pour ensemencer la terre en y créant les plantes et les animaux, dépendant étroitement les uns des autres, avant de se réfugier, profondément enfouis sous les blocs de grès présents sur les sites sacrés, tel celui d’Uluru à la suite du grand cataclysme engendré par l’affrontement de deux de leurs frères, à cause du don de la mémoire aux humains. Elles sont en sommeil depuis, et cela jusqu’à ce que le monde de la surface soit de nouveau propice à leur règne, utilisant la télépathie afin de diriger les pensées et les actes de leurs créatures.

Depuis des millénaires, les communautés Bininj au nord et Munnguy au sud entretiennent le plus grand parc national d’Australie, classé au Patrimoine mondial. Aujourd’hui encore, un cinquième des mammifères d’Australie, plus de 120 reptiles, 10 000 espèces d’insectes et un tiers des oiseaux australiens cohabitent sur ce site. Parmi ces animaux, des raretés et des espèces uniques au monde ainsi qu’une icône, aussi dangereuse qu’attractive : le crocodile. Dans les méandres de la West, South et East Alligator River, des monstres marins alimentent les légendes… Au-delà de l’herbe sèche et en deçà des rocs surplombant, dans la chaleur étouffante, des marécages aux tons marrons, parfois jaunes. L’eau est paisible, le silence inquiétant. Seuls quelques mouches, moustiques et taons, viennent interrompre l’ambiance. Pourtant, dans ces eaux vivent des milliers de reptiles… Les plus grands, les crocodiles d’estuaire, mesurent plus de cinq mètres de long. Voici l’Australie ! Celle de Crocodile Dundee, du bush et de l’aventure.

Découvrir ce parc n’est pas seulement qu’une découverte pour les yeux. Il se passe quelques chose d’autre ici. Un sentiment étrange nous envahi tous. Nos regards se croisent, et le silence s’installe à mesure que notre évoluons dans ces décors multiples et variés. À travers les billabongs, les forêts sèches, les plaines inondables, les marécages, les escarpements de rochers et les mangroves, un sentiment exacerbé de vie submerge l’âme… Un contraste de paysages et une histoire culturelle qui apaisent l’esprit…On s’assoie, on sent les esprits du pays.

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⇒ NITMILUK NATIONAL PARK

Nous nous dirigeons ensuite vers Katherine. À 320 km au sud-est de Darwin, Katherine compte 9000 habitants : un chiffre qui fait d’elle la 3ème ville du Territoire du Nord après Darwin et Alice Springs. C’est la porte d’entrée vers le parc national Nitmiluk, une étendue de savane tropicale qui renferme une succession de 13 gorges, séparées par des rapides, formées le long de la Katherine River. Dans la même région, on trouve aussi de nombreuses « hot pools », piscines naturelles à l’eau bouillante. C’est un stop appréciable où nous profitons après la baignade d’un barbecue gargantuesque!

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Katherine Gorge
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Katherine Gorge

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Hot pool
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Hot pool

Nous nous arrêtons ensuite pour déjeuner dans une roadhouse où nous faisons une rencontre qui sort de l’ordinaire… Sans que je ne sache vraiment comment, dans l’effervescence ambiante, je me retrouve rapidement et j’avoue, au départ plutôt paniquée, avec un serpent sur les bras, au sens propre du terme. De nombreuses roadhouses accueillent en effet serpents, kangourous, crocodiles, émeus et autres animaux pour distraire les quelques visiteurs qui s’arrêtent se dégourdir les jambes. C’est une première. Drôle de rencontre…

Dans d’autres roadhouses, il est de coutume de laisser un objet personnel après son passage. Ces lieux deviennent de vrais musées où l’on trouve de tout, classé méthodiquement. Des pièces d’identité, cartes de visite, billets venus du monde entier, drapeaux, caquettes, foulards et même parfois sous-vêtements. Et oui, je suis même passée derrière le comptoir ! 😉

⇒ DEVIL MARBLES

Le long de la route nationale Stuart Highway qui nous conduit vers Alice Springs, nous découvrons les Devil Marbles, d’énormes rochers de granite posés là, comme sortis de nulle part. Une légende aborigène explique leur origine. Selon cette légende du Temps du Rêve, un ancêtre, « Arrange » traversa ces terres. Il voulait se fabriquer une ceinture en cheveux, une parure traditionnelle portée exclusivement par les hommes aborigènes initiés. Alors qu’il torsadait les cheveux, il fit tomber des mèches au sol qui se transformèrent en énormes rochers rouges. Arrange retourna ensuite d’où il venait, une colline du nom d’Ayleparrarntenhe, où, selon la légende, il vivrait encore aujourd’hui.

Un grand nombre de ces énormes blocs arrondis tient en équilibre précaire les uns sur les autres, semblant ainsi défier les lois de la gravité. Aujourd’hui encore, ils continuent de s’éroder et de se fissurer, transformant en permanence le paysage.

Lors de notre périple, sur cette longue route sans fin,  nous passons quelques petits bourgs sans aucun intérêt. A Wycliffe Well, notre guide nous raconte un étrange récit avant de faire une pause et nous faire descendre du bus… L’Australie est et a toujours été un endroit réputé pour l’observation d’OVNI. Un grand terrain de jeux où croyants, sceptiques et indécis s’intéressant de près ou de loin au phénomène extra-terrestre trouveront leur compte. Wycliffe Well, c’est un village ou plutôt un point de service (essence, dépanneur, camping) qui s’est auto-proclamé «Capitale australienne des OVNI» (UFO Capital of Australia). Ce serait le meilleur endroit pour l’observation d’OVNI en Australie. Là, on a l’impression d’avoir loupé un épisode 😉 L’endroit est décidément particulier. Dans le bâtiment, des articles de presse exposés au mur relatent des faits d’observation d’extraterrestres dans la région, un curieux mélange entre un mini-zoo local amateur et un musée en plein air de curiosités de qualité discutable. Une touche d’éloignement, d’outback et de tout ce qui vient avec, mélangée à un chouilla de culture extra-terrestre affirmée, le tout sur fond de station-service et de camping saisonnier. On a tous du papier aluminium sur la tête pour que, soit disant, les extraterrestres ne puissent pas lire dans nos pensées… On joue le jeu… Le ridicule ne tue pas 🙂 surtout dans le désert !

 

⇒ ULURU-KATA DJUTA NATIONAL PARK

La route défile toujours à nos fenêtres. Nous voici désormais à 35 km à l’ouest d’Uluru. A nouveau, des rochers plus petits et arrondis attirent notre attention : ce sont les Olgas (aussi nommés Kata Tjuta, « beaucoup de têtes » en langue aborigène). Bien que moins connus que Uluru, le plus grand rocher, le mont Olga, atteint 546 m soit 200 m de plus que celui d’Uluru. C’est une formation géologique particulière : il s’agit d’une chaîne de 36 dômes ocres surgissant brusquement du désert. De nombreuses légendes sont associées à Kata Tjuta. L’une d’entre elles évoque le roi Wanambi, un immense serpent qui vivait au sommet du mont Olga et ne descendait dans la plaine qu’à la saison sèche. Une marche d’environ deux heures à travers une épaisse brume nous mène à un point de vue dans une vallée encaissée entre les dômes.

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⇒ ULURU

Nous remontons dans le bus et nous nous dirigeons ensuite vers Uluru en fin d’après-midi. Progressivement, le gros caillou à la forme reconnaissable classé au patrimoine mondial de l’UNESCO se rapproche. L’émotion est particulière et le moment très attendu. Nous arrivons sur le site sous un magnifique soleil de plomb, tout à fait représentatif de mon état d’esprit du moment ! Le centre culturel est la première étape incontournable et nous distille les informations nécessaires pour comprendre l’origine, la formation et les mythes liés au site, indispensables pour comprendre l’importance du site pour les communautés aborigènes Anangu, les gardiens traditionnels d’Uluru.

Il a une hauteur de 348 mètres par rapport au sol et une altitude de 863 mètres par rapport au niveau de la mer, bien qu’il s’enfonce profondément sous terre. On décrit souvent  comme un monolithe mais il est en fait la partie émergée d’une formation rocheuse du sous-sol dégagée par l’érosion. La strate qui compose Uluru est pratiquement verticale. Elle s’enfonce profondément sous la plaine environnante mais son étendue est inconnue.

Schéma possible simplifié

Monter sur Uluru… ou pas ?

Si avant tout, notre guide nous demande qui souhaite gravir Uluru, il nous le déconseille fortement. Pourtant, sur les 200 000 visiteurs qui se rendent chaque année à Uluru, près de 40 000 choisissent d’escalader le rocher. Alors pourquoi poser la question… ?

  1. Selon les mythes aborigènes, le chemin qui mène au sommet traverse une piste sacrée traditionnelle du Temps du rêve, empruntée par les premiers ancêtres lors de leur arrivée à Uluru. Ayant une grande valeur spirituelle, un signe au pied du rocher indique « We don’t climb » et nous invite à en faire de même en respect pour leurs croyances.
  2. La marche de 1,6 kilomètres qui mène au sommet est particulièrement dangereuse. On y recense 35 décès depuis 1956. L’ascension répétée en plus abime le rocher.
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  3. La communauté qui gère et protège Uluru et, de fait, nous accueille sur son territoire est responsable de la sécurité des visiteurs. Chaque accident est un drame qui les affecte profondément. Un membre de la communauté, par respect pour le défunt, se déplace dans le pays pour assister aux funérailles.

Autant de raisons qui font de cette ascension un acte complètement inconcevable pour moi. Malgré tout, j’ai été confrontée à certains Australiens, qui m’ont laissée parfois sans voix, fiers de leur « exploit », ne comprenant pas où était le mal…

A la découverte du gros caillou

Uluru, lumineux, creusé et irrégulier, ne ressemble en rien à l’idée que je m’en était faite. La marche balisée au pied du monument est passionnante! Des panneaux indiquent parfois l’interdiction de prendre des photos de certaines parties du rocher, considérées comme sacrées pour les communautés aborigènes. Je me souviens d’une cavité dans la roche. A première vue sans grand intérêt, elle est liée à un mythe, représentant la poche d’un kangourou, symbole de fertilité et de l’origine de toute vie. Les peintures rupestres sont là encore nombreuses et remarquables.

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En fin de journée, nous contournons Uluru pour profiter des dernières minutes avant le coucher du soleil. Des hordes de touristes ont déjà envahi le site, admirant les remarquables couleurs changeantes, rouges et orangées, qui teintent Uluru. Un moment fugace, inoubliable et magique qui nous plonge dans un profond silence. D’autres groupes de touristes ont même droit à une coupe de champagne ainsi que de copieux buffets disposés sur d’immenses tables… Nous sommes dans le désert tout de même…

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⇒ Le Watarrka National Park, ou la visite de KINGS CANYON

Nous avons le choix entre une marche de 2km et l’autre de 6 km à la difficulté moyenne voire difficile. Sans hésitation, nous optons pour la seconde, qui nous fera découvrir les plus beaux points de vue sur ces gorges rougeoyantes.

Pour ce parcours, il vaut mieux débuter tôt le matin, à la fraîche, car nous devons gravir une côte assez rude aux marches interminables. (La température dépasse facilement les 40 degrés). Je suis déjà épuisée! Une fois arrivé en haut, à plus de 300m, de petites flèches nous indiquent la route à suivre. Nous longeons d’incroyables précipices aux  vues époustouflantes sur le canyon et le désert environnant. Pendant la première moitié du trajet, on se balade parmi les formations rocheuses rouges et noires. Notre guide pointe eucalyptus, petits lézards, fossiles et autres plantes médicinales aborigènes.

Plus loin, une série d’escaliers en bois (encore !!) nous mènent au « Jardin d’Eden » (The Lost City), un trou d’eau permanent (billabong) entouré d’une végétation dense et luxuriante avec notamment des fougères préhistoriques géantes. Cet oasis en plein désert permet la survie de plus 600 espèces de plantes, 100 espèces d’oiseaux et 60 espèces de reptiles. Sur le chemin parfois étroit, de nombreux rocs à escalader, et une vue à pic sur le canyon, et comme presque toujours en Australie, pas de barrières. Attention, danger!

Si les découvertes ont été nombreuses, ce roadtrip aura aussi été l’occasion de supers échanges. Il aura réuni trois groupes, soit environ 45 personnes. La bonne humeur était communicative chaque soir lors des barbecues au coin du feu de camps, et les nuits à la belle étoile, en compagnie des kangourous, ont largement pimenté l’aventure.

 

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Si j’attendais de découvrir Uluru depuis une année entière, j’avoue de Kings Canyon a été une réelle surprise. C’est un site à couper le souffle ! Explorer le Territoire du Nord a été une expérience hallucinante qui m’a procuré des émotions fortes et a clôturé en beauté mon inoubliable périple à l’autre bout du monde.

La riche culture aborigène est intrigante. Elle s’appuie sur l’art, les traditions, une spiritualité liée à la terre, au paysage, à la faune et à la flore renvoyant à l’aube de la création du monde. Les Aborigènes considèrent les touristes comme des enfants de moins de 7 ans, des novices qui n’ayant pas affronté les rites traditionnels, n’ont pas le droit d’avoir accès à la connaissance des Anciens. J’ai souvent été bien frustrée de ne pas pouvoir en découvrir davantage.

J’ai presque fait le tour de l’Australie, mais ne découvre pas tous ses mystères qui veut 🙂 L’Australie sait se faire désirer et accueillera à bras ouverts ceux qui sont prêts à se laisser séduire.

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